🇸🇸

Soudan du Sud

Afrique de l'Est

Capitale : Djouba · Population : 11 400 000

54.0

49e / 54 pays

Edition 2025

Evolution du score

2025
49e54.0

Localisation

© OpenStreetMap

Points forts

  • Vitalité culturelle et fierté identitaire : score de 67/100 (delta +2,0), attestant d'un attachement robuste à l'identité collective ; source : Afrobarometer Round 10, 2025, confiance 90 %.
  • Soutien communautaire (pilier Ubuntu) : score de 63/100 (delta +3,0), indiquant que les mécanismes de solidarité de proximité restent perçus comme effectifs par les populations ; source : Afrobarometer Round 10, 2025, confiance 90 %.

Points faibles

  • Sécurité perçue de jour : score de 23/100, point de rupture critique du profil, signalant que la quasi-totalité des répondants ne se sentent pas en sécurité dans leur environnement quotidien malgré un delta de +5,0 ; source : Afrobarometer Round 10, 2025, confiance 90 %.
  • Absence totale de données sur le pilier Bien-être matériel (pondération 20 %) : lacune structurelle qui limite la lecture du vécu économique des ménages et introduit une incertitude sur la robustesse du score global de 54,00/100.

Reseau diplomatique

Ambassades a l'etranger0
Ambassades etrangeres5
Voir le reseau diplomatique

Comparer ce pays avec d'autres

Ouvrir le comparateur

Telecharger le profil pays au format PDF

Telecharger PDF

Scores par pilier

Sécurité & stabilité 23.0

Poids : 20%

Bien-être matériel Source 202412.0

Poids : 20%

Derniere verification : 2026-03-25 — Prochaine : 2026-06-25

Ubuntu 63.0

Poids : 40%

Vitalité culturelle 67.0

Poids : 20%

Profil

Lecture globale : un redressement notable sur une base encore fragile

Avec un score de 54,00/100 et un rang de 49e sur 54, le Soudan du Sud s'inscrit en bas de la distribution IJVA 2025, mais son delta de +11,00 points par rapport à l'édition précédente en fait le pays affichant la progression absolue la plus élevée du panel. Ce mouvement ne doit pas masquer la réalité d'un positionnement encore très en retrait : la catégorie Modéré recouvre ici un profil profondément asymétrique, où des ressources sociales et culturelles solides coexistent avec un environnement sécuritaire perçu comme quasi-inexistant. La joie de vivre vécue par les populations sud-soudanaises se construit donc en dehors, voire en dépit, des conditions matérielles et sécuritaires objectives.

Pilier dominant : la vitalité culturelle et la solidarité communautaire comme socles de résilience

Les deux piliers les mieux orientés sont la vitalité culturelle (67/100, delta +2,0) et l'Ubuntu (63/100, delta +3,0), tous deux renseignés par Afrobarometer Round 10 (2025) avec un niveau de confiance de 90 %. La fierté identitaire à 67 points traduit un attachement fort à l'appartenance culturelle et communautaire, qui fonctionne comme vecteur de sens collectif dans un contexte de fragilité institutionnelle. Le soutien communautaire à 63 points confirme que les mécanismes de solidarité de proximité — entraide, réseaux informels, cohésion de groupe — demeurent opérationnels et perçus comme effectifs par les populations. Ces deux dimensions constituent le principal actif du profil sud-soudanais dans l'IJVA : elles portent à elles seules la majorité du score global, compte tenu du poids combiné de 60 % qu'elles représentent dans la pondération de l'indice.

Point de tension principal : l'insécurité perçue comme point de rupture systémique

Le score de sécurité perçue de jour à 23/100 (delta +5,0, Afrobarometer Round 10, confiance 90 %) constitue le point de rupture le plus saillant du profil. Malgré une légère amélioration, ce niveau reste parmi les plus bas enregistrés dans l'ensemble du panel. Il signale que la grande majorité des répondants ne se sentent pas en sécurité dans leur environnement quotidien, y compris en plein jour. Cette perception d'insécurité chronique agit comme un plafond structurel sur l'ensemble de l'indice : elle comprime la capacité des populations à convertir leurs ressources sociales et culturelles en bien-être vécu, et maintient un écart considérable entre la cohésion communautaire ressentie et les conditions d'existence concrètes.

Faiblesse structurelle : l'absence du pilier bien-être matériel

Le pilier Bien-être matériel (pondération 20 %) ne dispose d'aucun indicateur renseigné dans cette édition. Cette lacune de données constitue elle-même un signal analytique : elle reflète les difficultés de collecte dans un contexte de fragilité étatique avancée, et prive l'indice d'une lecture complète du vécu économique des ménages. Le score global de 54,00 repose donc sur trois piliers seulement, ce qui introduit une incertitude sur la robustesse de la progression observée. En l'absence de données sur le bien-être matériel, le delta de +11,00 points doit être interprété avec prudence : il mesure une amélioration réelle des perceptions sécuritaires, culturelles et communautaires, mais ne rend pas compte de l'ensemble de l'expérience vécue.

Perspective : une trajectoire à confirmer sur des bases encore instables

La dynamique de +11,00 points est encourageante et mérite d'être suivie. Elle suggère que les populations perçoivent une amélioration, même marginale, de leur environnement immédiat. Toutefois, tant que le score de sécurité perçue restera en deçà de 30/100 et que le pilier bien-être matériel demeurera non renseigné, le Soudan du Sud restera structurellement en tension entre ses ressources collectives et ses conditions d'existence. La prochaine édition devra déterminer si ce redressement s'inscrit dans une tendance durable ou s'il reflète une amélioration conjoncturelle de la perception.

Detail des indicateurs

IndicateurValeur bruteScore
Securite percue de jour23.023.0
Soutien communautaire63.063.0
Fierte identitaire67.067.0

IJVA Capitales

Capitale-freineeIJVA Capitales

Djouba : la flamme identitaire contre le mur de l'insécurité

Djouba affiche un score IJVA de 54/100 en édition 2, avec des forces culturelles réelles et une solidarité communautaire vivace. Mais la sécurité perçue de jour plafonne à 23/100 et l'indice de corruption place le pays dernier mondial — le quotidien reste une épreuve de résistance. La joie de vivre existe ici, mais elle se construit en dépit d'un cadre institutionnel qui l'étouffe.

Djouba en chiffres : ce que le score dit, et ce qu'il tait

54 sur 100. Un score qui, sorti de son contexte, paraît presque anodin. Il suffit de regarder ses composantes pour comprendre qu'il dissimule une tension profonde entre des piliers qui s'effondrent et d'autres qui tiennent debout à force de volonté collective. Djouba entre en édition 2 de l'IJVA au rang 49, avec un delta positif de +11 points — progression réelle, mais qui part d'un plancher si bas qu'elle ne suffit pas à masquer la gravité du tableau d'ensemble.

Sécurité : le pilier manquant

Le chiffre qui arrête la lecture : 23/100 en sécurité perçue de jour. Cela signifie concrètement que moins d'un quart des répondants djoubaïens interrogés par Afrobarometer (Round 10, 2025) se sentent en sécurité dans leur environnement quotidien — et ce en plein jour. La nuit, la situation est encore plus précaire : un témoignage local recueilli en 2024 décrit le quartier de Gudele comme un endroit qui « saigne le risque après la tombée de la nuit ».

Les données externes convergent vers le même constat. Numbeo classe Djouba en catégorie Very Low Safety, avec un indice de sécurité de 20,59/100 et un indice de criminalité de 79,41 — à interpréter avec la prudence que mérite un nombre limité de contributeurs, mais cohérent avec les perceptions relevées sur le terrain. Freedom House, dans son édition 2025, attribue au Soudan du Sud un score de 1/100 sur les libertés politiques et civiles, classant le pays parmi les environnements les moins libres au monde, aux côtés du Turkménistan. Et Transparency International place le pays au dernier rang mondial de son Indice de Perception de la Corruption 2024 — 180e sur 180, avec un score de 8/100.

« Not a safe place, living costs are high. Good eating places but not somewhere to wander alone. » — Expatrié, expat.com

Reporters Sans Frontières situe le Soudan du Sud au 124e rang mondial pour la liberté de la presse (score 36,20), en recul de 13 places par rapport à 2024. Quand les journalistes ne peuvent pas travailler librement, c'est toute la capacité d'une ville à se raconter — et donc à se réformer — qui s'en trouve amputée.

Ce tableau sécuritaire est le frein central du profil djoubaïen. Un delta de +5 points sur ce pilier entre les éditions indique une légère amélioration perçue, mais le chiffre absolu reste critique. La progression est réelle ; elle n'est pas encore transformatrice.

Bien-être matériel : l'angle mort du score

Le pilier Bien-être matériel affiche un score de 12/100 — mais ce chiffre est marqué comme fallback dans notre base, signifiant qu'il repose sur des données de substitution faute de mesures directes suffisamment fiables pour Djouba. L'absence de données robustes sur le vécu économique des ménages est en elle-même une information : elle reflète la difficulté à documenter une réalité qui se dérobe aux enquêtes standardisées. Ce que l'on sait par le terrain : les coûts de la vie à Djouba sont élevés pour les revenus locaux, portés notamment par la demande des organisations internationales qui gonflent les loyers et les prix alimentaires dans certains quartiers.

Ce delta nul (+0) entre les deux éditions sur ce pilier n'est pas le signe d'une stabilité confortable — c'est le signe d'une stagnation sur un plancher déjà très bas, dans un contexte où la lacune de données elle-même fragilise toute lecture définitive.

Ubuntu : la sève qui circule encore

Face à ces deux piliers déprimés, Ubuntu résiste. Avec 63/100 et un delta de +3, le soutien communautaire reste l'armature invisible qui permet à des millions de Djoubaïens de naviguer dans un environnement qui leur offre peu de filets institutionnels. Afrobarometer (Round 10, 2025) mesure ici quelque chose de précis : la perception que les mécanismes de solidarité de proximité — familiaux, de voisinage, religieux — fonctionnent. Dans une ville où l'État faillit sur ses fonctions régaliennes, ces réseaux ne sont pas un supplément d'âme ; ils sont l'infrastructure sociale de survie.

« Unique opportunities for development professionals and adventurous expats committed to nation-building. » — Expat, rewireabroad.com

Cette citation, issue d'un regard extérieur, capte paradoxalement quelque chose de juste : Djouba attire ceux qui cherchent à construire, précisément parce qu'il y a ici une matière humaine engagée, des communautés qui ne se sont pas résignées. Ubuntu à 63/100 n'est pas une consolation — c'est une fondation.

Vitalité culturelle : l'identité comme ancrage

Le pilier le plus solide du profil djoubaïen est la vitalité culturelle : 67/100, delta +2. La fierté identitaire mesurée par Afrobarometer (Round 10, 2025) traduit un attachement fort à ce que signifie être Sud-Soudanais — un pays né en 2011, le plus jeune du monde, forgé dans une indépendance arrachée au terme d'une guerre longue. Cette jeunesse nationale, loin d'être une fragilité identitaire, semble avoir produit une conscience de soi collective particulièrement affirmée.

Sur le terrain, cette vitalité se lit dans les détails : la scène musicale live au bord du Nil Blanc, les restaurants qui créent des espaces de respiration collective dans une ville sous tension. Une visiteuse décrit le Da Vinci Restaurant — au bord du Nil Blanc — comme un de ses lieux préférés à Djouba : musique live, cuisine, vue sur le fleuve. Ces espaces ne sont pas anecdotiques. Ils sont les marqueurs d'une urbanité qui résiste, qui insiste à exister même quand l'environnement global décourage.

La géographie de la tension

Djouba est une ville qui vit à plusieurs vitesses. Les quartiers proches des organisations internationales, des hôtels et des restaurants du bord du Nil connaissent une animation économique et culturelle que ne partagent pas les zones périphériques comme Gudele, où les récits locaux décrivent une insécurité quotidienne gérée à coup de stratégies d'adaptation informelles. Cette fragmentation interne est caractéristique d'une capitale freinée : non pas homogènement déprimée, mais inégalement distribuée dans ses opportunités de bien-vivre.

Le delta global de +11 points entre les deux éditions IJVA est encourageant dans sa direction. Il indique que quelque chose bouge — dans la perception de la sécurité (+5), dans la solidarité communautaire (+3), dans la fierté identitaire (+2). Ce mouvement est fragile, non linéaire, et dépend d'un contexte politique national qui reste l'un des plus contraints du continent. Mais il existe.