Guinée
Afrique de l'OuestCapitale : Conakry · Population : 14 200 000
32e / 54 pays
Edition 2025
Evolution du score
Localisation




© OpenStreetMap
Points forts
- Vitalité culturelle et fierté identitaire : score de 81/100 (indicateur identity_pride = 81, confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), positionnant la Guinée parmi les profils les plus affirmés du continent sur cette dimension.
- Solidarité communautaire formalisée : pilier Ubuntu à 76/100 (indicateur community_support = 76, confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), en progression de +4,0 points, constituant un amortisseur structurel face aux tensions matérielles.
Points faibles
- Insuffisance de revenu critique : indicateur income_sufficiency à 21/100 (confiance 80%, WDI 2023), niveau le plus bas du profil, traduisant un déficit matériel individuel sévère qui contraste avec la densité du lien social mesuré.
- Déficit de sécurité perçue : indicateur perceived_safety_day à 40/100 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), en recul de 2,0 points, constituant un point de rupture qui plafonne la progression globale du score malgré les forces culturelles et communautaires.
Afrique de l'Ouest
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Profil
Lecture globale : un profil porté par le lien social, fragilisé par les conditions de vie
Avec 62,01 points et un delta positif de +2,41 par rapport à l'édition précédente, la Guinée s'inscrit dans la catégorie Bon de l'IJVA 2025. Cette progression traduit une dynamique réelle, mais asymétrique : la hausse est principalement imputable aux piliers Ubuntu (+4,0) et Bien-être matériel (+5,0), tandis que la Sécurité & stabilité recule de 2,0 points. Le profil guinéen illustre une configuration analytiquement distincte, où la joie de vivre perçue se construit en grande partie en dehors des conditions matérielles et sécuritaires, par la densité des liens sociaux et la force de l'identité culturelle.
Pilier dominant : une vitalité culturelle et identitaire de premier rang
La Vitalité culturelle atteint 81/100, portée par un indicateur de fierté identitaire à 81 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024). Ce score place la Guinée parmi les profils les plus affirmés du continent sur cette dimension. L'attachement à l'identité collective — linguistique, musicale, historique — constitue un vecteur de bien-être subjectif autonome, indépendant des conditions économiques. Le pilier Ubuntu (76/100, delta +4,0) confirme cette lecture : le soutien communautaire mesuré à 76 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024) signale une solidarité communautaire formalisée dans les pratiques quotidiennes, qui joue un rôle d'amortisseur face aux tensions matérielles.
Point de tension principal : l'insécurité perçue comme frein à la progression
Le pilier Sécurité & stabilité enregistre le seul recul de l'édition 2025 pour la Guinée (-2,0 points), s'établissant à 40/100. L'indicateur de sécurité perçue de jour atteint 40 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), un niveau qui constitue un point de rupture dans la construction du bien-être vécu. Ce déficit de sécurité perçue agit comme un plafond sur la progression globale du score : il limite la capacité des forces culturelles et communautaires à se traduire pleinement en joie de vivre quotidienne. La tension entre une cohésion sociale élevée et un environnement perçu comme peu sûr représente la principale ligne de fracture du profil guinéen.
Faiblesse structurelle : la précarité matérielle comme tension de fond
Le pilier Bien-être matériel, malgré sa progression de +5,0 points, demeure le plus faible du profil avec 37/100. L'indicateur de suffisance du revenu s'établit à 21 (confiance 80%, WDI 2023), signalant que la grande majorité des ménages perçoit ses revenus comme insuffisants pour couvrir ses besoins. L'accès aux services de base atteint 53 (confiance 85%, WDI 2023), un niveau médian qui ne compense pas la sévérité du déficit de revenu. Cet écart entre le vécu collectif — porté par la solidarité et la culture — et la réalité matérielle individuelle constitue la tension structurelle centrale du profil guinéen. La progression enregistrée sur ce pilier est encourageante, mais son niveau absolu reste critique.
Perspective : une trajectoire positive à consolider sur les fondamentaux
La Guinée affiche une dynamique de progression (+2,41) qui repose sur des bases authentiques : la cohésion sociale et l'identité culturelle sont des ressources de résilience mesurables et stables. Pour que cette trajectoire se consolide, la réduction de l'écart entre bien-être perçu et conditions matérielles constitue le levier prioritaire. Le recul du sentiment de sécurité diurne mérite une attention particulière dans les prochaines éditions, car il représente le principal risque de décrochage pour un profil dont les forces sont par ailleurs bien établies.
Detail des indicateurs
| Indicateur | Valeur brute | Score |
|---|---|---|
| Suffisance du revenu | 21.2 | 21.2 |
| Acces aux services de base | 52.9 | 52.9 |
| Securite percue de jour | 40.0 | 40.0 |
| Soutien communautaire | 76.0 | 76.0 |
| Fierte identitaire | 81.0 | 81.0 |
IJVA Capitales
Conakry : le paradoxe debout
Score IJVA de 62/100, rang 32 sur le continent : Conakry progresse de +2,4 points, portée par une vitalité culturelle à 81/100 et un lien communautaire à 76/100. Mais la suffisance du revenu plafonne à 21/100 et la sécurité perçue recule à 40/100 — rappelant que la joie de vivre ici se construit sur fond de contraintes réelles.
Un score qui grimpe, des fractures qui tiennent
Conakry obtient 62/100 à l'édition 2 de l'IJVA, se classant 32e des capitales africaines évaluées. La progression est réelle : +2,4 points depuis l'édition précédente. Mais ce chiffre global masque une tension interne que les quatre piliers révèlent sans ambiguïté. D'un côté, la vitalité culturelle à 81/100 et le lien Ubuntu à 76/100. De l'autre, la suffisance du revenu à 21/100 et la sécurité perçue à 40/100. Conakry ne s'effondre pas. Elle tient debout dans une posture inconfortable, et c'est précisément ce que l'indice doit nommer.
Vitalité culturelle : le socle le plus solide
Avec un score de 81/100 sur la fierté identitaire (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024, confiance 90%), la Guinée se positionne parmi les profils les plus affirmés du continent sur cette dimension. À Conakry, cela se traduit concrètement : la musique guinéenne — de Bembeya Jazz aux héritiers contemporains — circule dans les quartiers comme un langage commun. La conscience d'appartenir à une culture singulière n'est pas une posture ; c'est une donnée mesurée, stable, et en légère progression (+1,0 point).
Cette fierté n'est pas déconnectée des réalités matérielles — elle coexiste avec elles. C'est peut-être là son caractère le plus remarquable : elle ne dépend pas d'un confort préalable.
Ubuntu : quand la solidarité structure la survie
Le pilier Ubuntu atteint 76/100 (+4,0 points), appuyé sur un soutien communautaire mesuré à 76 (Afrobarometer Round 9, confiance 90%). Ce chiffre n'est pas une métaphore. À Conakry, les réseaux de solidarité informelle — tontines, entraide de voisinage, structures familiales élargies — jouent un rôle d'amortisseur que les institutions formelles ne couvrent pas entièrement.
« Mutual support within this community is strong, everyone understanding the specific challenges of life in Guinea. » — Expat.com, juillet 2025
Un visiteur rapporte qu'un commerçant du quartier, après lui avoir donné des indications, a envoyé son fils adolescent l'accompagner jusqu'à son hôtel. Ce geste — banal dans sa répétition quotidienne — est exactement ce que l'indicateur capture. Le lien social à Conakry n'est pas résiduel ; il est opérationnel.
Bien-être matériel : le plancher qui résiste
Le pilier Bien-être matériel progresse de +5,0 points pour atteindre 37/100 — la plus forte hausse du profil. Mais derrière cette dynamique positive, l'indicateur de suffisance du revenu s'établit à 21/100 (WDI 2023, confiance 80%). C'est le point le plus bas de tout le profil. Vingt-et-un sur cent : cela signifie que la grande majorité des habitants de Conakry estime que leurs revenus ne couvrent pas leurs besoins fondamentaux.
L'accès aux services de base atteint 52,86/100, ce qui représente un niveau intermédiaire — ni effondrement, ni satisfaction. La progression du pilier matériel est donc réelle, mais elle part d'un niveau tellement bas que le chemin restant est encore long.
Sécurité : le pilier sous pression
La sécurité et la stabilité s'établissent à 40/100, en recul de 2,0 points. L'indicateur de sécurité perçue de jour est à 40/100 (Afrobarometer Round 9, confiance 90%). Ce recul s'inscrit dans un contexte documenté : Freedom House classe la Guinée "Not Free" avec un score de 30/100 (Freedom in the World 2025). RSF positionne le pays au rang 103/180 pour la liberté de presse (World Press Freedom Index 2025), avec une chute de 31 places par rapport à 2024, la catégorie passant de "problematic" à "difficult". Transparency International lui attribue un score de 26/100 à l'Indice de Perception de la Corruption 2024 (rang 142/180).
« The political situation remains tense, with protests, strikes, and security crackdowns still part of daily life in Conakry. » — TravelSafe Abroad, décembre 2025
Ces indicateurs externes convergent avec la perception terrain : la sécurité à Conakry est une préoccupation quotidienne, pas un arrière-plan. Ce plafond de 40/100 sur la sécurité perçue limite structurellement la progression globale du score, quelles que soient les forces culturelles et communautaires.
Ce que les chiffres disent ensemble
Le profil de Conakry dessine une ville à double vitesse intérieure. Les ressources immatérielles — fierté, lien social, culture — sont hautes, mesurées, documentées. Les ressources matérielles et sécuritaires — revenu, sûreté, liberté d'expression — sont basses ou dégradées. Ce n'est pas une contradiction paradoxale : c'est une logique d'adaptation. Quand les filets institutionnels sont étroits, les filets humains se resserrent.
La question que pose l'IJVA n'est pas de savoir si Conakry est heureuse malgré ses contraintes — cette formulation est précisément celle qu'on refuse ici. La question est : quelles sont les conditions réelles de la joie de vivre à Conakry, et dans quelle direction évoluent-elles ? La réponse est nuancée : vers le haut sur les piliers culturels et communautaires, sous pression sur les piliers matériels et sécuritaires.
